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Le Gouvernement veut faire des taxi-motards des acteurs de paix à Conakry et N’zérékoré

Le gouvernement veut prévenir les conflits et violence auxquels les jeunes conducteurs de taxi – moto pourraient être exposés dans l’exercice de leur travail. Couche socio-professionnelle vulnérable pour diverses raisons, les jeunes conducteurs de taxi moto exercent une profession qui mérite d’être réglementée et encadrée. En Guinée, les Nations Unies ont mis $ 1 250 295 pour appuyer la mise en œuvre de la politique nationale de prévention des conflits en mettant un accent sur la profession de taxi moto afin de faire des jeunes qui l’exercent des acteurs de paix et de cohésion sociale.

En Guinée, de plus en plus de jeunes en quête d’un travail décide d’entreprendre dans le secteur des taxi-moto. « Je suis diplômé en lettre moderne depuis cinq (5) ans mais je n’ai pas de travail. Mon oncle m’a aidé à acheter une moto. Et depuis je fais le taxi-moto. Aujourd’hui, j’ai acheté un terrain à Tannènè » témoigne Mohamed Lamine Bah, chauffeur de taxi moto à Cosa. De nombreux jeunes pratiquent ce métier qui est devenu un moyen de transport par excellence pour éviter les embouteillages dans les grandes agglomérations.

« Pour rejoindre mon lieu de travail à taouyah, j’ai un chauffeur de taxi moto qui m’y conduit le matin pour éviter les embouteillages » indique Yao David, jeune médecin résident au quartier Kiroti dans la haute banlieue de Conakry. Les taxi- moto sont en effet très sollicités. Pour la plus part du temps, le métier est pratiqué par des jeunes. Dans certaines localités enclavées où les véhicules circulent à peine, le taxi-moto reste l’un des moyens de transport privilégié.  C’est donc un moyen de transport suffisamment prisé mais pratiqué par des jeunes qui peuvent être instrumentalisés pendant ou non les périodes électorales. Face à cela, le gouvernement avec l’appui du Système des Nations Unies (SNU) sur financement du fond consolidation de la paix des Nations Unies a initié le projet d’Appui à la réduction de l’instrumentalisation et des violences politico-sociales des jeunes taxi-motards en période électorale. Cela vise à faire de 1440taxi-motards, des acteurs qui véhiculent la paix.

Les journalistes suivant Madame la Représentante de UNFPA Guinée pendant son intervention lors du 1er comité de Pilotage-Crédit Photo Afiwa Mata

Cette  initiative vise deux résultats majeurs. Selon le Ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, « les activités du projet vont permettre de minimiser les risques d’instrumentalisation sociale et politique des conducteurs de taxi – moto». Par ailleurs, une enquête de perception, une cartographie des groupements des taxis motos, des foras communautaires, des focus groupes et des sessions de plaidoyer sont prévus pour établir un mécanisme de dialogue et de redevabilité entre les responsables des partis politiques, les autorités locales, les communautés et les jeunes taxi-motards. Un dialogue durable entre ces quatre entités peut – il garantir la paix et prévenir les conflits où les taxi-motards sont acteurs ? « Oui ! Cela peut être un début de solution » répond Hadiatou Yaya Sall, point focal de l’Association des Femmes Journalistes de Guinée auprès de l’antenne guinéenne du Réseau paix et Sécurité des Femmes de l’Espace CEDEAO.

« Etre un instrument de paix ne se décide pas du jour au lendemain, il faut un investissement à long terme et ce projet est une approche que nous comptons élargir aux autres régions avec l’appui du SNU» annonce le Ministre en charge de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Mouctar Diallo. En effet, le second résultat visé par ce projet est de faire des jeunes taxis-motards des acteurs et des vecteurs de consolidation de la paix et de renforcement de la cohésion sociale au sein de leurs communautés. « Les jeunes ont du potentiel et l’objectif principal de ce projet est de transformer les jeunes taxis-motards issus des zones conflictogène en agents de pacification en période électorale (avant, pendant et après les élections)» a indiqué Barbara Sow, Représentante du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en Guinée, au cours du 1er comité de Pilotage du projet, tenu le 26 juin 2020 à Conakry à travers une visio conférence.