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Pour la paix, taxi-motards, syndicat et gouvernement s’accordent sur les messages clés

Quels messages pourraient servir à sensibiliser les chauffeurs de taxi-moto sur la paix et la non-violence? La question a été au cœur d’un atelier de formation à Coyah du 20 au 23 juillet 2020. L’activité a regroupé les conducteurs de taxi-moto, le syndicat et la police. Des débats houleux entre les trois entités, émerge un draft de document contenant des messages pour réduire la violence et l’instrumentalisation au sein de la coopération des taxi-motards à Conakry et N’zérékoré.

La profession de taxi-moto est en pleine essor dans le pays. Une étude portant sur la cartographie des groupements de taxi-moto a permis d’enregistrer 809 points de groupements de Taxi-Moto dont 206 à N’zérékoré. De par leur nombre et leur grande mobilité , les taxi-motos sont une alternative pratique pour assurer la mobilité urbaine. Une réglementation du secteur s’impose pour permettre aux jeunes qui font le choix de ce métier de s’autonomiser d’une part, d’être à l’abri de la violence et l’instrumentalisation politique d’autre part. selon Abdoul Aziz Diallo, Coordonnateur du Projet au Fonds des Nations Unies pour la Population, « le projet d’appui à la réduction de l’instrumentalisation  et des violences politico-sociales des jeunes taxi-motards en période électorale veut aboutir à une professionnalisation de ce métier ». In fini, l’initiative va servir à faire des taxi-motards des instruments de paix dans leur communauté.

« Nous voulons la paix dans notre travail » a souligné un des participants, représentant d’un des groupements qui encadrent les membres de cette profession à Conakry. « Nous ne voulons plus des altercations avec les policiers, nous voulons la paix » renchérit un autre sur un ton de lassitude. Le désir d’avoir des relations de paix avec les autres acteurs du secteur de taxi-moto est un désir que nourrissent plusieurs conducteurs de taxi-moto. Un désir bien justifié car les relations entre policiers et taxi-motards n’ont pas toujours été les paisibles.

En effet, les tensions récurrentes entre conducteurs de taxi-motos et les forces de l’ordre en particulier la police est l’un des problèmes identifiés par les participants à l’atelier. Entre indiscipline de certains conducteurs de taxi-moto, et l’arnaque dont font preuve certains agents de la police routière, la nécessité de reconstruire des bases d’une collaboration saine entre ces deux groupes s’imposent comme une urgence en Guinée. A ce problème, les participants ont adressé un ensemble de message aussi en direction des autorités que des acteurs qui sont sur le terrain.

Au-delà des relations difficiles entre police et chauffeur, se pose aussi le défi d’entourer la profession d’un cadre juridique adapté. La profession de taxi-moto étant récente, la loi réglementant la conduite en Guinée n’a pas prévu les spécificités en lien avec l’utilisation de la moto comme un moyen de transport en commun. Par ailleurs, des groupements et des formes non officielles de syndicats ont été constitué un partout dans le pays au tour des taxi-motards. « Ces organisations méritent d’avoir une reconnaissance légale pour aider la corporation à se professionnaliser » a indiqué le représentant de la police à l’atelier. A cela, s’ajoute le risque de voir les jeunes qui pratiquent la profession, instrumentaliser par les politiques pendant les périodes électorales. La Guinée se dirige vers des élections présidentielles à la fin de cette année 2020 et le risque de voir plusieurs de ces jeunes taxi-motards instrumentalisés par les acteurs politiques est bien réel. 

Pour apporter des réponses durables et efficaces à ces problèmes, l’information et la sensibilisation sont outils clés que les acteurs de ce projet vont utiliser sur la base des messages identifiés durant l’atelier de Coyah. 

« Je suis convaincu que vous pouvez être acteur de votre propre changement à travers les messages que vous allez décliner durant les travaux de groupe » a souhaité, Aboubacar Condé, consultant qui a facilité les travaux de la rencontre de Coyah sur l’élaboration des messages.

L’atelier de Coyah a permis aussi de jeter les bases d’un cadre de concertation entre les taxi-motards, le syndicat et la police routière. Un cadre qui devrait favoriser le dialogue entre les différents acteurs de la corporation.